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Hans-Georg Tersling : l’architecte danois de la Riviera Belle Époque, du Cap Martin à Menton, Monte-Carlo et Nice

Grands hôtels, villas impériales, casino et église orthodoxe russe : de la fin des années 1880 à la Première Guerre mondiale, l’architecte danois Hans-Georg Tersling a façonné une grande partie de la côte entre Nice et Menton. Nombre de ses bâtiments existent toujours, et plusieurs de ses villas du Cap Martin comptent encore parmi les plus remarquables demeures de la Riviera.

Du Danemark à la Riviera

Hans-Georg Tersling naît le 7 décembre 1857 dans une ferme près de Karlebo, au nord de Copenhague. Son père meurt lorsqu’il a trois ans. Il se forme d’abord comme charpentier, puis étudie l’architecture à l’Académie royale des beaux-arts du Danemark, dont il sort diplômé en 1879.

Il part ensuite en France, où il travaille sous la direction de Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra de Paris, au casino de Monte-Carlo. Après un séjour à Paris, il s’installe à Menton en 1887, où il vivra et travaillera jusqu’à la fin de sa vie.

Son style

Tersling travaille principalement dans le style néoclassique Louis XVI, en s’inspirant parfois de la Renaissance italienne. Ses bâtiments se distinguent par leur symétrie, leurs colonnes, leurs terrasses et leur dialogue étroit avec la mer et les jardins.

Le Grand Hôtel du Cap Martin

Sa première grande commande au Cap Martin est le Grand Hôtel du Cap Martin, construit pour un consortium mené par un certain M. White et achevé en 1890. L’hôtel connaît un succès immédiat : l’empereur François-Joseph Ier d’Autriche y séjourne quatre fois entre 1896 et 1897, tout comme l’impératrice Élisabeth d’Autriche, dite Sissi. Le bâtiment est aujourd’hui une résidence privée.

Nombre des illustres clients de l’hôtel confient ensuite à Tersling la construction de leur propre villa sur la presqu’île.

La villa Cyrnos et les clientes impériales

En 1892, Tersling achève au Cap Martin la villa Cyrnos pour Eugénie de Montijo, veuve de Napoléon III et dernière impératrice des Français. L’impératrice Élisabeth d’Autriche y est régulièrement reçue, et la reine Victoria, amie d’Eugénie, y vient chaque année.

La villa Cyrnos impressionne l’impératrice de Russie, qui commande à Tersling l’église orthodoxe russe de Menton pour l’importante communauté russe installée sur la côte.

Les villas du Cap Martin

Entre 1890 et 1911 environ, Tersling conçoit un nombre remarquable de villas à Roquebrune-Cap-Martin, parmi lesquelles :

  • La villa Aréthuse (1893), construite pour le diplomate Georges de Montgomery et connue aujourd’hui sous le nom de villa Trianon
  • Les villas Cynthia et Saint-Tryphon, du début des années 1890
  • Les villas Serena, Zamir, Hirondelle et Spéranza, vers 1898
  • Les villas Egerton, Roquebrune et L’Éclaircie, du début des années 1900
  • Casa del Mare (vers 1905), au-dessus de la baie de Roquebrune
  • La Villa Del Mare (vers 1906), devenue la Villa Maria Irina, une propriété distincte souvent confondue avec Casa del Mare
  • La villa Les Rochers, construite pour un certain M. Blake, datée de 1908 selon une source et de 1906 environ selon une autre
  • La Dragonnière et La Swalettina, vers 1911

Monaco, Nice, Beaulieu et Cap-d’Ail

L’œuvre de Tersling dépasse largement le Cap Martin. On lui doit notamment :

  • L’Hôtel Métropole de Monte-Carlo (1888)
  • Le château Malet à Cap-d’Ail, achevé en 1896 pour le diplomate britannique Sir Edward Malet
  • L’Hôtel Bristol à Beaulieu-sur-Mer (1898), aujourd’hui transformé en appartements
  • La villa Masséna à Nice (1899), construite pour Victor Masséna et devenue le musée Masséna
  • La villa La Loggia à Villefranche-sur-Mer (1900)
  • La villa Lairolle à Nice (1904)

Menton et Paris

Tersling marque profondément Menton, sa ville d’adoption. Il y réalise le palais Viale (1906), le casino municipal, achevé en 1909 et devenu la galerie d’art du Palais de l’Europe, et l’Hôtel Impérial (1913), et participe à l’église du Sacré-Cœur (1911).

En 1905, il remporte le concours pour l’hôtel particulier d’Olympe Hériot à Paris. En 1910, il est fait chevalier de l’ordre du Dannebrog, l’une des plus hautes distinctions danoises.

La fin d’une carrière

La Première Guerre mondiale met brutalement fin à sa carrière. Beaucoup de ses riches clients disparaissent, lui laissant d’importantes commandes impayées. Il meurt à Menton en novembre 1920, presque ruiné.

L’héritage de Tersling

Plus d’un siècle plus tard, les bâtiments de Tersling définissent encore une grande partie de la Riviera Belle Époque, des hôtels et palais de Menton aux villas du Cap Martin. Plusieurs de ses demeures sont toujours des résidences privées, tandis que d’autres, comme la villa Masséna à Nice et le Palais de l’Europe à Menton, sont ouvertes au public.

L’ouvrage de référence sur sa vie et son œuvre est le livre de Michel Steve, Hans-Georg Tersling, architecte de la Côte d’Azur, publié en 1990.

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