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Villa Le Parc, Saint-Jean-Cap-Ferrat : la villa Belle Époque d’Henri Peretmère, l’homme qui a façonné le Cap Ferrat

Sur le boulevard Général de Gaulle, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, se dresse une villa Belle Époque connue sous le nom de Du Parc, ou villa Le Parc. Construite au début des années 1900 pour Henri Peretmère, le promoteur qui a ouvert le Cap Ferrat à l’urbanisation, elle a ensuite appartenu à l’industriel américain Herman Frasch, surnommé le roi du soufre.

Henri Peretmère, l’aménageur du Cap Ferrat

Henri Peretmère est un self-made-man. Fils d’un cocher du nord de la France, il fait fortune comme exploitant de carrières et financier.

En 1898, il achète environ 60 hectares sur le Cap Ferrat, de la villa Polonaise jusqu’au phare. Il emploie 140 ouvriers pour tracer un boulevard autour du cap, achevé en un an environ, puis vend des parcelles à de riches acquéreurs. Nombre des grandes villas du Cap Ferrat sont construites sur des terrains vendus à l’origine par Peretmère.

La pierre du Cap Ferrat pour le port de Monaco

Les terrains de Peretmère comprennent une importante masse rocheuse, qu’il prévoit d’exploiter. En 1901, le prince Albert Ier de Monaco a besoin de roche pour agrandir le port de Monaco : Peretmère lui fournit la pierre de sa carrière du Cap Ferrat, acheminée par barges.

La carrière existe toujours. La commune de Saint-Jean-Cap-Ferrat a récemment acquis ce site de 27 000 m², où elle prévoit des projets environnementaux, agricoles et apicoles.

La villa, de 1902 à 1905

Grâce aux bénéfices de ses entreprises, Peretmère fait construire sa propre résidence au Cap Ferrat. Le terrain lui est attribué par un acte du 14 avril 1902, et la villa est conçue par l’architecte Charles Dalmas, qui a également travaillé sur l’hôtel Carlton à Cannes.

La première maison est une grande bastide blanche entourée d’environ deux hectares de parc, que Peretmère baptise Du Parc. Une loge de gardien est ajoutée vers 1904, et vers 1905 la villa est agrandie d’un étage et d’une nouvelle aile sur sa façade ouest.

Elle devient alors une vaste demeure sur trois niveaux, avec une façade ornée de fresques, dix chambres, un salon de réception éclairé par trois baies en arc, de grandes terrasses et une tour d’angle.

Herman Frasch, le roi du soufre

Quelques années plus tard, la villa est achetée par Herman Frasch, industriel né en 1851 dans le Wurtemberg, qui a fait fortune aux États-Unis. En 1890, il fait breveter le procédé Frasch, une méthode d’extraction du soufre des gisements profonds par fusion à l’eau surchauffée. Par l’intermédiaire de l’Union Sulphur Company, ce procédé lui assure le contrôle d’une grande partie de la production mondiale de soufre, d’où son surnom de roi du soufre. Il meurt à Paris en 1914.

Après la Seconde Guerre mondiale

Après la Seconde Guerre mondiale, la villa est divisée en appartements, et le grand jardin situé à l’arrière de la maison est découpé en une douzaine de parcelles. Elle est depuis redevenue une résidence privée unique. La maison se dresse toujours sur le boulevard Général de Gaulle, l’une des adresses les plus recherchées du Cap Ferrat, et figure à l’inventaire général du patrimoine culturel de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Un témoin de la naissance de Saint-Jean-Cap-Ferrat

La villa date des années mêmes où Saint-Jean-Cap-Ferrat devient une commune à part entière. Séparée de Villefranche-sur-Mer en 1904, elle porte d’abord le nom de Saint-Jean-sur-Mer, avant de devenir Saint-Jean-Cap-Ferrat en 1907.

Cet article a été rédigé dans un but purement historique. La villa Le Parc n’est pas une annonce immobilière.

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